Aller au contenu

La police en grève contre l’amateurisme des services de sécurité du palais de justice

Une nouvelle fois, la compétence ou les performances des agents de sécurité du Palais de justice de Bruxelles sont remises en question. C'est au tour de la Police de se plaindre de leur prétendue incompétence, après que ce soient les autorités judiciaires elles-mêmes qui se soient indignées, voici quelque temps, du manque de sécurité des locaux.

Une nouvelle fois, la compétence ou les performances des agents de sécurité du Palais de justice de Bruxelles sont remises en question. C'est au tour de la Police de se plaindre de leur prétendue incompétence, après que ce soient les autorités judiciaires elles-mêmes qui se soient indignées, voici quelque temps, du manque de sécurité des locaux.

Le but de cet article n'est évidemment pas de juger des performances ou de l'efficacité de ces agents.

Par contre, on pourrait, avec justesse, soulever la question de leur formation, des moyens qui sont mis à leur disposition, ainsi que de leur statut. A mi-chemin entre le justiciable ordinaire et le policier, ils sont, à l'instar des agents pénitentiaires, appelés à exercer des fonctions quasi-policières, mais sans avoir ni le statut, ni la formation (école de police), ni les moyens (armes à feu, notamment) des policiers.

La privation de liberté d'une personne arrêtée à l'audience du tribunal correctionnel, le transfèrement des prisonniers, les fouilles sur les détenus, mais aussi sur les suspects non-privés de liberté, devraient être des prérogatives exclusivement policières, tant elles sont attentatoires aux libertés individuelles et portent atteinte aux fondements même de la vie d'une personne. Il est légitime d'attendre, de la part d'une personne que l'on arrête, et que l'on emprisonne, des réactions diverses, allant de la passivité totale à la violence la plus extrême: seuls des policiers spécialement formés sont à même faire face aux comportements variés que l'on peut rencontrer à l'occasion de l'application de la justice pénale.

Les prises d'otage et autres actes de violence que l'on rencontre régulièrement dans les prisons de notre pays démontrent, d'ailleurs, à suffisance, à quel point le monde carcéral est violent. Face à cela, les agents pénitentiaires ne sont formés ni en gestion des conflits, ni en psychologie, ni en auto-défense. Ils sont donc tout à fait désarmés, c'est littéralement le cas de le dire, puisqu'ils ne sont pas habilités à porter d'armes, face à des détenus qui sont parfois, eux, des gangsters professionnels, avec du sang sur les mains.

Ce sont les mêmes individus que les agents de sécurité du Palais de Justice sont amenés à gérer dans un contexte de tension accrue, puisque dans des situations où ils sont amenés à prendre connaissance de décisions judiciaires qui ont influencer parfois le restant de leurs jours.

N'est-il pas élémentaire de penser à apprendre aux agents confrontés aux réactions de justiciables auxquels on annonce, parfois, qu'ils iront de longues années en prison, des notions de base de psychologie et de gestion des conflits ?

C'est pourquoi je propose de supprimer les professions d'agent de sécurité et d'agent pénitentiaire et de les remplacer par des unités spécialement formées de la Police fédérale.

Ces dernières seraient plus à même de gérer les situations parfois très tendues et empreintes de violence que connaît le monde judiciaire pénal et carcéral.

Source: La police en grève contre l'amateurisme des services de sécurité du palais de justice, Le Vif, 9 décembre 2013.

Publié le

A propos de Georges-Pierre Tonnelier

Georges-Pierre Tonnelier est juriste. Spécialisé en droit des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, il est également webmaster et webdesigner. Il a rejoint, le 1er janvier 2016, l'Administration générale des Douanes et Accises du SPF Finances (ce site est personnel et les opinions qui y sont exprimées le sont également à ce titre. Elles n'impliquent donc pas le SPF Finances).